75,90 €
le prix d'une tonne de CO2 sur le marché réglementé SEQE-UE au 20/04/2026 (montant HTVA)
5 à 200 €
la fourchette de prix par tonne de CO2 sur le marché volontaire selon la qualité du projet
2005
l'année d'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, à l'origine des crédits carbone
5
les principaux standards de certification des crédits carbone reconnus dans le monde
Qu'est-ce qu'un crédit carbone ?
Un crédit carbone est un certificat ou une unité représentant une tonne de dioxyde de carbone (CO₂) ou l'équivalent d'un autre gaz à effet de serre (GES) qui a été soit retiré de l'atmosphère, soit évité d'être émis. Les crédits carbone font office de monnaie d'échange dans les mécanismes de marché visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, un projet de plantation d'arbres qui permet de séquestrer 10 000 tonnes de CO2 peut, sous conditions, donner lieu à l'attribution de 10 000 crédits carbone.
Il est impératif pour les entreprises de prioriser la réduction directe de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) plutôt que de simplement compter sur l'achat de crédits carbone. La réduction des émissions à la source reste la méthode la plus efficace et durable pour atténuer l'impact climatique de leurs activités. Pour les secteurs où certaines émissions sont difficiles à éliminer (transports, agriculture, industrie lourde), l'achat de crédits carbone offre une solution complémentaire, jamais un substitut à la réduction effective des émissions.
Le crédit carbone, né du Protocole de Kyoto : les deux marchés
Une monnaie d'échange issue du Protocole de Kyoto
Depuis 2005, avec l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, les crédits carbone jouent un rôle central dans les mécanismes ayant pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale. Adopté en 1997 et entré en vigueur en 2005, ce traité international engage principalement les pays industrialisés à atteindre des objectifs de réduction des émissions.
Depuis l'application de cet accord, les industries les plus polluantes sont soumises à un plafonnement de leurs émissions de gaz à effet de serre, en vertu du Système d'Échange de Quotas d'Émission de l'UE. Ce système concerne les 28 États membres de l'UE, ainsi que la Croatie depuis 2013. Depuis 2008, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, membres de la zone économique européenne, ont également rejoint ce système.
Les émissions de ces installations industrielles sont vérifiées chaque année. Dès lors, les industries dépassant le plafond autorisé doivent acheter des crédits carbone pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre excessives. Les industries concernées comprennent principalement :
Les industries de combustion
Production électrique, chauffage urbain, cogénération et raffineries figurent parmi les installations les plus fortement émettrices encadrées par le SEQE-UE.
Les industries métallurgiques
Notamment celles produisant du fer et de l'acier, dont les procédés à haute température génèrent d'importantes émissions de CO2.
Ciment, verre et papier
La production de ciment, de verre et de papier compte parmi les activités industrielles les plus énergivores soumises au plafonnement.
Acide nitrique et ammoniac
Les industries chimiques produisant de l'acide nitrique et de l'ammoniac sont également intégrées au système d'échange de quotas.
Le marché de la compensation carbone réglementaire
Le Protocole de Kyoto a introduit plusieurs mécanismes de flexibilité pour aider les pays à atteindre leurs objectifs :
- Le Mécanisme pour un développement propre (MDP) permet aux pays industrialisés de financer des projets de réduction des émissions dans les pays en développement et de recevoir des crédits carbone (Certificats de réduction d'émissions, CER) en retour ;
- La Mise en œuvre conjointe (MOC) permet aux pays industrialisés de réaliser des projets de réduction des émissions dans d'autres pays industrialisés et de générer des Unités de réduction des émissions (URE) ;
- Le Commerce international des émissions permet aux pays de vendre leurs surplus d'unités d'émissions attribuées (UEA) s'ils émettent moins que leurs quotas, créant ainsi un marché des émissions.
Dans ce cadre, les crédits carbone jouent un rôle essentiel de régulation. Les entreprises ayant des émissions supérieures au plafond autorisé doivent acheter des crédits pour compenser leur excès, tandis que celles qui réussissent à émettre moins que leur quota peuvent vendre leurs crédits excédentaires. Cela crée un marché pour les crédits carbone, donnant une incitation économique à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les entreprises.
Le crédit carbone étendu à la compensation volontaire
Le concept de crédits carbone, développé sous le Protocole de Kyoto, s'est étendu au marché volontaire de la compensation carbone. Dans ce cadre, des entreprises, même si elles ne sont pas légalement tenues de réduire leurs émissions, choisissent de compenser volontairement leur empreinte carbone.
Ce marché permet aux entreprises d'acheter des crédits carbone pour compenser les émissions de leurs activités qui ne peuvent pas être évitées ou réduites. L'achat de crédit carbone leur permet de financer la mise en œuvre de projets à impact positif sur les émissions de gaz à effet de serre.
Quel est le prix d'un crédit carbone ?
Le prix sur le marché réglementé (SEQE-UE)
Au 20/04/2026, le prix d'un crédit carbone sur le marché SEQE-UE est de 75,90 € par tonne. Le prix sur ce marché du Système d'Échange de Quotas d'Émission de l'Union européenne a connu une hausse significative ces dernières années, passant de moins de 10 € par tonne de CO2 en 2017 à plus de 90 € par tonne en 2022.
Évolution du prix de la tonne de CO2 sur le marché SEQE-UE
Cette augmentation s'explique notamment par :
- Une réduction de l'offre de quotas : le mécanisme de stabilité du marché (MSR) vise à retirer des quotas du marché lorsque l'offre dépasse un certain seuil, ce qui a contribué à réduire l'offre disponible et à pousser les prix à la hausse ;
- Une augmentation de la demande : la transition vers une économie verte et les efforts pour atteindre la neutralité carbone ont accru la demande, surtout de la part des industries cherchant à compenser leurs émissions ;
- L'anticipation des réglementations futures : les acteurs du marché anticipent des régulations plus strictes et une poursuite de la hausse des prix, créant une demande spéculative supplémentaire.
Le prix sur le marché volontaire
Sur le marché de la compensation carbone volontaire, le prix d'un crédit carbone peut varier entre 5 et 200 € par tonne de CO2 équivalent. Cet écart s'explique par de nombreux facteurs :
- La qualité du projet : reforestation, énergie renouvelable, capture et stockage du carbone… la crédibilité du projet et son impact réel sur la réduction des émissions influencent son prix ;
- La certification du projet : les crédits issus de projets certifiés par des normes reconnues, comme le MDP ou le Gold Standard, ont une valeur plus élevée du fait de leur conformité à des critères stricts de durabilité ;
- L'offre et la demande : une forte demande de compensation parmi les entreprises peut entraîner une hausse des prix ;
- Les politiques gouvernementales et les réglementations en matière de climat, qui stimulent la demande ou introduisent des incitations fiscales et programmes obligatoires ;
- La tendance du marché : fluctuations économiques, événements climatiques extrêmes et avancées technologiques affectent eux aussi les prix.
En résumé, le prix d'un crédit carbone sur le marché volontaire est variable et dépend de multiples facteurs. Il est donc important de faire des recherches approfondies et de vérifier la qualité et la certification des crédits carbone avant de les acheter ou de les utiliser pour compenser ses émissions.
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Achat et vente de crédits carbone : comment fonctionne le marché ?
Qui peut générer des crédits carbone ?
Tout acteur à l'origine d'un projet de réduction ou de séquestration des émissions de gaz à effet de serre peut générer des crédits carbone si le projet respecte les conditions d'attribution. Quatre grandes familles d'acteurs sont concernées :
Les porteurs de projets
Les entités responsables de la mise en œuvre de projets de réduction ou de séquestration : reforestation, énergie renouvelable, efficacité énergétique, capture et stockage du carbone, gestion des déchets, etc.
Les entreprises et industries
En adoptant des technologies vertes, des processus de production plus efficaces ou des pratiques agricoles durables, elles réduisent leurs émissions de GES et génèrent des crédits.
Les gouvernements
Les politiques et programmes de réduction des émissions menés à l'échelle nationale, régionale ou locale peuvent être convertis en crédits carbone et vendus sur le marché.
Les particuliers
En adoptant des modes de transport plus durables, en améliorant l'efficacité énergétique de leur domicile ou en compensant leurs émissions personnelles via des projets dédiés.
La vente de crédits carbone par les porteurs de projets
Les porteurs de projets de compensation carbone proposent à la vente les crédits qu'ils ont générés grâce à leurs initiatives environnementales. Cette mise en vente s'inscrit dans leur stratégie de financement, permettant de soutenir la continuité et l'expansion de leurs activités de réduction des émissions de gaz à effet de serre. En valorisant leurs efforts pour la transition énergétique, ils génèrent les revenus nécessaires à la pérennité de leurs actions.
La vente de crédits carbone implique plusieurs étapes clés, allant de la détermination de leur valeur à la conclusion de contrats avec les acheteurs. Voici comment se déroule généralement le processus :
- Évaluation du projet Estimer la quantité de crédits carbone générée via des méthodologies approuvées pour mesurer les réductions d'émissions de GES.
- Fixation du prix Déterminer le prix de vente selon les coûts de mise en œuvre, la valeur ajoutée environnementale et sociale, les prix du marché et la demande.
- Recherche d'acheteurs Trouver des acheteurs via réseaux professionnels, plateformes en ligne, courtiers spécialisés ou partenariats avec des entreprises.
- Négociation des contrats Fixer la quantité, le prix par crédit, les conditions de paiement, les engagements de qualité, de livraison et de vérification.
- Vérification et certification Faire valider les réductions d'émissions par des tiers indépendants pour garantir des crédits crédibles et conformes.
- Émission et transfert Les crédits certifiés sont émis par l'organisme de certification, transférés à l'acheteur et conservés dans des registres spécialisés.
L'achat de crédits carbone par les entreprises
Les entreprises cherchant à compenser leurs émissions de gaz à effet de serre recourent à l'achat de crédits carbone. Cette démarche s'inscrit dans leur stratégie de gestion de l'énergie et de responsabilité sociale et environnementale (RSE), visant à réduire leur empreinte carbone nette. Pour certaines industries très polluantes, l'achat de crédit carbone est déterminant pour respecter l'obligation réglementaire de ne pas dépasser un certain plafond d'émission.
En acquérant des crédits carbone, ces entreprises compensent leurs émissions excédentaires et non réductibles en finançant des projets de réduction ou de séquestration ailleurs. Cette pratique leur permet de respecter leurs engagements en matière de durabilité tout en soutenant des initiatives environnementales positives dans le monde entier.
Quels projets sont à l'origine de crédits carbone ?
Les deux grands types de projets
Il existe principalement deux types de projets de compensation carbone : les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre et les projets de séquestration du carbone.
Les projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre
Dans le cadre de la compensation carbone, les projets de réduction des émissions sont des initiatives visant à diminuer ou à éviter les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. On peut notamment citer :
- Les installations développant les énergies renouvelables, comme l'énergie solaire, éolienne, hydraulique ou la biomasse, qui remplacent les sources d'énergie fossile et réduisent ainsi les émissions ;
- Les projets d'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments et des industries, qui réduisent la consommation d'énergie et les émissions associées ;
- Les projets de reforestation, de gestion forestière durable et de conservation des forêts, qui absorbent le CO2 et stockent le carbone tout en préservant la biodiversité ;
- Les projets de méthanisation, qui convertissent les déchets organiques en biogaz, ainsi que les initiatives de gestion des déchets réduisant les émissions de méthane des décharges ;
- Les projets de mobilité durable, tels que les transports en commun, le covoiturage et les véhicules électriques ou à faibles émissions.
Les projets de séquestration du carbone
Les projets de séquestration du carbone visent à capturer et à stocker le dioxyde de carbone (CO2) de manière permanente, réduisant ainsi la quantité de ce gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Voici quelques exemples :
- Le stockage géologique du carbone : l'injection de CO2 capturé dans des formations géologiques appropriées (aquifères salins, gisements de pétrole et de gaz épuisés), où il est piégé par des mécanismes géochimiques sur de très longues périodes ;
- L'afforestation et le reboisement : la plantation d'arbres dans des zones déboisées ou dégradées, qui absorbent le CO2 lors de la photosynthèse et le stockent dans leur biomasse ;
- L'agroforesterie, qui combine culture agricole ou pâturage et plantation d'arbres dans les exploitations agricoles, séquestrant le carbone dans le sol et la biomasse ;
- L'utilisation du carbone dans les matériaux : la capture du CO2 industriel pour produire des matériaux à base de carbone (ciment, béton, plastiques) utilisés durablement dans la construction.
À quelles conditions un projet génère-t-il des crédits carbone ?
Pour générer des crédits carbone, un projet de compensation carbone doit satisfaire une multitude de critères. Six conditions essentielles garantissent la crédibilité et l'intégrité environnementale des crédits émis :
Mesurable
Les réductions d'émissions doivent être quantifiables de manière précise et fiable, via des méthodologies standardisées établissant un niveau de référence, une surveillance continue et une vérification indépendante.
Additionnel
Les réductions ne se seraient pas produites sans le projet. Celui-ci doit aller au-delà des pratiques courantes et ne pas être viable sans les revenus tirés de la vente des crédits carbone.
Vérifiable
Les réductions peuvent être confirmées par des entités tierces indépendantes, via des audits sur site et l'examen détaillé des méthodologies et des résultats rapportés.
Transparent
Toutes les étapes, des méthodologies aux résultats, doivent être clairement documentées et accessibles : données de surveillance, rapports de vérification et calculs des réductions.
Durable
Les réductions doivent être maintenues sur le long terme, avec des mécanismes garantissant la permanence et minimisant les impacts environnementaux et sociaux négatifs.
Unique
Chaque crédit représente une réduction unique, comptabilisée une seule fois. Des registres centralisés empêchent le double comptage en traçant l'émission, le transfert et le retrait des crédits.
Un crédit carbone n'a de valeur environnementale que s'il est additionnel : il doit financer une réduction d'émissions qui n'aurait pas eu lieu sans lui. C'est ce critère, plus que tout autre, qui distingue un crédit crédible d'une simple opération de communication. Avant tout achat, vérifiez que le projet repose sur des analyses de barrières financières et techniques démontrant cette additionnalité.
La certification des crédits carbone
Les crédits carbone sont certifiés par des standards carbone, des labels de qualité qui attestent que les crédits produits par des projets de compensation répondent à des normes spécifiques. Chaque standard établit des critères rigoureux et des méthodologies propres afin d'assurer la crédibilité et la fiabilité des crédits. Il est recommandé de se renseigner sur les exigences de chaque standard avant d'acheter des crédits carbone.
Pour qu'un projet obtienne une certification, il doit suivre plusieurs étapes définies par le standard choisi : conception et mise en œuvre du projet, collecte de données sur les émissions évitées ou séquestrées, vérification indépendante des résultats et certification des crédits générés.
Bien que les standards de la finance carbone se concentrent principalement sur les réductions d'émissions, les avantages supplémentaires, appelés co-bénéfices, sont de plus en plus considérés : protection de la biodiversité, amélioration des conditions de vie des communautés locales ou préservation des ressources naturelles. Les cinq principaux standards carbone sont :
| Standard carbone | Origine | Marché couvert |
|---|---|---|
| Label bas-carbone | Ministère de la Transition Écologique (France, 2018) | Projets français de réduction et de séquestration |
| Gold Standard | Programme des Nations Unies pour l'Environnement (2003) | Réglementaire (MDP) puis volontaire |
| VERRA (VCS) | Voluntary Carbon Standard (2006) | Volontaire (standard le plus utilisé au monde) |
| MDP | Protocole de Kyoto / CCNUCC | Réglementaire (plus de nouvelles certifications) |
| REDD+ | Programme des Nations Unies | Déforestation et dégradation des forêts |
Source : Selectra, d'après les organismes de certification carbone.
Le Label bas-carbone
Présentation du Label bas-carbone
Créé par le ministère de la Transition Écologique en 2018 dans le cadre des engagements climatiques de la France, le Label bas-carbone a pour mission de soutenir les efforts de la France pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. Ce label vise à promouvoir des initiatives qui contribuent efficacement à la transition vers une économie à faible intensité carbone, en accordant une reconnaissance officielle aux actions de réduction et de compensation des émissions de CO2.
Le Label bas-carbone facilite la mise en relation entre les porteurs de projets et les investisseurs intéressés, créant ainsi une plateforme pour financer les projets de compensation carbone. À terme, le ministère ambitionne d'étendre cette initiative à l'ensemble du territoire français.
Méthodologie du Label bas-carbone
Un projet Label bas-carbone se concentre sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à travers deux approches principales : en évitant les émissions par des changements de pratiques (bâtiment, transports, déchets, agriculture), et en augmentant la séquestration du carbone dans des puits naturels tels que les forêts et les sols.
Ce label ne certifie pas la qualité intrinsèque d'un projet, mais plutôt les réductions d'émissions qu'il génère. Celles-ci sont calculées en comparant les émissions réelles du projet avec celles qui auraient eu lieu dans un scénario sans le projet. Par exemple, pour un reboisement sur une terre agricole abandonnée, le Label mesure la différence entre le carbone stocké grâce au reboisement et celui qui aurait été stocké naturellement.
Le Label bas-carbone considère non seulement les réductions d'émissions directes, mais également, lorsque cela est pertinent, les réductions indirectes (émissions liées au transport, à la production des biens utilisés ou à l'usage des produits vendus). Cette approche permet d'évaluer de manière plus complète l'impact environnemental des projets certifiés.
Le Gold Standard
Le Gold Standard établit des normes rigoureuses pour évaluer et certifier les projets de développement durable à travers le monde. Fondé en 2003 par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), il vise à encourager des actions climatiques et de développement socialement responsables. Il s'est appliqué dans un premier temps aux crédits carbone du Mécanisme de Développement Propre sur le marché réglementé, avant de s'étendre au marché volontaire.
Le Gold Standard accorde une importance particulière à l'engagement des parties prenantes locales, à l'intégrité environnementale des projets, à la contribution à la réduction de la pauvreté et au développement économique des communautés concernées. Les projets certifiés doivent répondre à des exigences strictes en matière de transparence, de traçabilité et de vérification indépendante des résultats.
VERRA
Créé en 2006 sous le nom de Voluntary Carbon Standard, VERRA est aujourd'hui un organisme qui regroupe plusieurs programmes de certification axés sur le développement durable et l'action climatique. Parmi ces programmes, le Voluntary Carbon Standard (VCS) demeure le standard de compensation carbone volontaire le plus largement utilisé à l'échelle mondiale.
Le VCS se distingue par son engagement pour la qualité des réductions d'émissions. Il met un accent particulier sur la vérification rigoureuse pour garantir que les réductions des projets certifiés sont réelles, mesurables, vérifiables et additionnelles. Pour ce faire, il adopte une approche flexible permettant l'utilisation de diverses méthodologies adaptées à différents secteurs : énergie, agriculture, foresterie et gestion des déchets.
En fournissant une norme de qualité reconnue et fiable, le VCS facilite la mise en œuvre de projets de réduction des émissions et encourage les investissements dans des initiatives environnementales et sociales bénéfiques. En tant que référence du marché volontaire, il joue un rôle essentiel dans la promotion d'actions concrètes contre le changement climatique.
Le Mécanisme de Développement Propre (MDP)
Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) constitue l'un des instruments de compensation clés établis par le Protocole de Kyoto. Conçu pour encourager la collaboration entre les pays industrialisés et en développement, il permet aux pays développés de financer des projets de réduction des émissions dans les pays en développement. Ces projets sont évalués et validés par la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour garantir leur efficacité et leur intégrité environnementale.
Le processus de validation du MDP implique une vérification minutieuse des projets pour s'assurer que les réductions promises sont réelles, mesurables, vérifiables et additionnelles. Plus de 250 méthodologies ont été validées, couvrant divers secteurs tels que la production d'énergie, la construction, le transport et l'industrie chimique. Ces méthodologies ont souvent servi de référence pour d'autres standards de compensation carbone.
Cependant, avec la fin du Protocole de Kyoto, le MDP n'attribue plus de nouvelles certifications. À la place, l'Accord de Paris, notamment à travers son article 6, a introduit de nouveaux mécanismes pour la finance carbone, visant à remplacer progressivement le MDP tout en s'adaptant aux évolutions du paysage climatique mondial.
Le REDD+
REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) est un programme des Nations Unies conçu pour lutter contre les émissions de carbone issues de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement.
Au cœur du mécanisme REDD+ réside la valorisation économique du carbone stocké par les arbres, offrant une incitation financière aux pays en développement pour adopter des politiques de préservation des forêts, de restauration des écosystèmes forestiers et de gestion durable des ressources. Cette approche vise à accroître les stocks de carbone dans les forêts, contribuant ainsi à atténuer les émissions de gaz à effet de serre.
Une fois la quantité de carbone séquestrée par les projets REDD+ évaluée et quantifiée, les pays industrialisés peuvent acheter des crédits carbone auprès des porteurs de projets. Ces crédits représentent des unités équivalentes de CO2 séquestrées dans les forêts, offrant une méthode tangible de réduction des émissions à l'échelle mondiale. En investissant dans des projets REDD+, les pays développés compensent une partie de leurs émissions tout en soutenant la conservation des forêts et le développement durable.
Aller plus loin : empreinte carbone et Energy Management
La gestion du crédit carbone s'inscrit dans une stratégie globale de réduction des émissions et de pilotage énergétique. Explorez chaque thématique pour passer de la stratégie à l'action.
Empreinte carbone
Normes et contrats
Certificats d'économies d'énergie
Énergies renouvelables
Profils concernés
Questions fréquentes sur le crédit carbone
Un crédit carbone est un certificat représentant une tonne de CO2 (ou l'équivalent d'un autre gaz à effet de serre) retirée de l'atmosphère ou évitée. Il sert de monnaie d'échange sur le marché de la réduction des émissions : un porteur de projet le vend à une entreprise qui souhaite ou doit compenser ses émissions.
Au 20/04/2026, le prix sur le marché réglementé SEQE-UE est de 75,90 € par tonne de CO2. Sur le marché volontaire, le prix varie entre 5 et 200 € par tonne selon la qualité du projet, sa certification, ainsi que l'offre et la demande.
Le marché réglementé (SEQE-UE) impose aux industries les plus polluantes un plafond d'émissions : au-delà, elles doivent acheter des crédits. Le marché volontaire concerne les entreprises qui, sans obligation légale, choisissent de compenser leur empreinte carbone en finançant des projets à impact positif.
Le projet doit respecter six critères : être mesurable, additionnel (les réductions n'auraient pas eu lieu sans lui), vérifiable par un tiers indépendant, transparent, durable dans le temps et garantir l'unicité de chaque crédit pour éviter le double comptage.
Les cinq principaux standards sont le Label bas-carbone (France, 2018), le Gold Standard (PNUE, 2003), VERRA / VCS (le plus utilisé sur le marché volontaire), le Mécanisme de Développement Propre (MDP) et le REDD+, dédié à la lutte contre la déforestation.