Qu'était l'ARENH ?
L'ARENH était un dispositif qui permettait aux fournisseurs alternatifs d'acheter à EDF de l'électricité d'origine nucléaire à un prix réglementé. Son objectif : offrir un accès équitable à la compétitivité du parc nucléaire historique, afin de stimuler la concurrence et, in fine, de proposer aux consommateurs un prix de l'électricité plus bas.
Il a été instauré par la loi NOME du 7 décembre 2010, entrée en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2011, en réponse à une procédure européenne visant les tarifs réglementés français. La même loi a créé le mécanisme de capacité et le principe de réversibilité (pouvoir revenir au tarif réglementé).
Le prix et le plafond de l'ARENH
Le prix de l'ARENH était fixé par les pouvoirs publics, sur recommandation de la CRE, à partir des coûts d'EDF (capitaux, exploitation, maintenance, charges long terme). Il devait être assez bas pour les alternatifs, assez haut pour couvrir les coûts d'EDF. Son histoire en quelques jalons :
Lancement à 40 €/MWh, plafond 100 TWh.
Prix porté à 42 €/MWh, inchangé jusqu'à la fin.
ARENH+ : plafond relevé à 120 TWh (20 TWh à 46,2 €/MWh).
Retour au plafond normal de 100 TWh à 42 €/MWh.
Qu'est-ce que l'écrêtement de l'ARENH ?
L'écrêtement de l'ARENH désignait la situation où la demande des fournisseurs dépassait le plafond de 100 TWh : la CRE attribuait alors à chacun une quantité réduite, et la part manquante devait être achetée plus cher sur les marchés de gros. Une situation devenue chronique depuis 2018 :
Écrêtement 2024
Pour 130,41 TWh demandés, 76,68 % du volume accordé.
Écrêtement 2025
Pour 135,04 TWh demandés, 74,12 % du volume accordé.
Quel impact l'ARENH avait-il sur la facture des professionnels ?
L'ARENH entrait dans le calcul du prix de nombreuses offres pro : une part du volume était fixée au tarif ARENH (avantageux), le reste au prix du marché. Le point d'attention portait sur le risque d'écrêtement, selon qui le portait :
- fournisseur porteur du risque : si l'ARENH accordé était inférieur au prévu, le fournisseur absorbait la différence ;
- client porteur du risque : le professionnel était refacturé après le guichet ARENH pour combler l'écart.
La fin de l'ARENH et le mécanisme qui le remplace
L'ARENH a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, il a laissé place à un nouveau dispositif négocié entre EDF et l'État, fondé sur un prix de référence de l'électricité nucléaire d'environ 70 €/MWh (contre 42 €/MWh auparavant).
Au-delà du prix de référence, les revenus excédentaires d'EDF sont redistribués à tous les consommateurs, quel que soit leur fournisseur : 50 % au-delà d'environ 78-80 €/MWh, et jusqu'à 90 % au-delà de 110 €/MWh. L'objectif affiché est de stabiliser les prix sans hausse mécanique pour le consommateur, malgré le relèvement du prix de référence.
Pour EDF, la fin de l'ARENH met un terme à une vente jugée à perte et finance les investissements (maintenance du parc, EPR2), avec un objectif de production de 400 TWh/an. Les grands consommateurs industriels peuvent désormais sécuriser leurs coûts via des contrats de long terme directement avec EDF.
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Pour aller plus loin
Le prix de l'électricité pro
Comprendre la formation du prix après l'ARENH.
Le marché de gros
Où s'achetait la part écrêtée de l'ARENH.
Le mécanisme de capacité
L'autre pilier de la loi NOME.
Fin des TRV pro
L'histoire des tarifs réglementés professionnels.
Le fournisseur le moins cher
Comparer les offres dans le nouveau contexte.
Le courtier en énergie
Faire négocier son contrat d'électricité.
Questions fréquentes sur l'ARENH
Non. L'ARENH a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, il est remplacé par un mécanisme de régulation du nucléaire fondé sur un prix de référence d'environ 70 €/MWh, avec redistribution des revenus excédentaires d'EDF aux consommateurs.
42 €/MWh, inchangé depuis 2012 (40 €/MWh à son lancement en 2011). En 2022, 20 TWh supplémentaires avaient été accordés à 46,2 €/MWh dans le cadre de l'ARENH+.
C'était la réduction du volume attribué quand la demande dépassait le plafond de 100 TWh. La part non livrée devait être achetée sur les marchés de gros. L'écrêtement a atteint 23,32 % en 2024 et 25,88 % en 2025.
Un mécanisme de plafonnement des revenus du nucléaire (prix de référence ~70 €/MWh, redistribution au-delà). Les gros consommateurs peuvent aussi signer des contrats de long terme avec EDF. Pour les autres, comparer les offres de marché reste le meilleur levier.