Quelles conséquences selon le type de compteur ?

La réaction du compteur dépend du profil de l'entreprise :

Profil C5 (Linky ≤ 36 kVA)

Le compteur disjoncte et affiche « PUISS DEPASSEE ». Aucune pénalité, mais une coupure : il faut débrancher les appareils énergivores puis réarmer (touche « + » 5 à 10 secondes).

Profils C4 à C1 (> 36 kVA)

Les compteurs PME-PMI et SAPHIR tolèrent le dépassement (pas de coupure) mais le facturent via la CMDPS du TURPE. Le fournisseur n'est toutefois pas tenu de l'honorer.

Combien coûte un dépassement de puissance ?

Le dépassement est facturé annuellement dans la part acheminement de la facture, via la Composante Mensuelle des Dépassements de Puissance Souscrite (CMDPS) du TURPE, qui incite à mieux dimensionner sa puissance pour éviter les surcharges réseau.

  • Tarif Jaune (basse tension) : un tarif simple de 12,41 € par heure de dépassement ;
  • Moyenne et haute tension (HTA / HTB) : une formule complexe dépendant de la plage horaire, de la version d'utilisation du TURPE et de l'ampleur du dépassement ;
  • Profil C5 : aucun coût de dépassement, puisque le compteur disjoncte au lieu de tolérer.
La formule CMDPS en moyenne tension

Le coût suit la formule CMDPS = Σ (k × bi) × √Σ(ΔP²), où le coefficient k = 0,04 (aligné sur la HTB par le TURPE), bi sont les coefficients pondérateurs par poste (la Pointe coûte le plus cher) et ΔP le dépassement en kW par pas de 10 minutes. Les coefficients bi détaillés figurent dans la grille du TURPE.

En BT > 36 kVA, la CMDPS peut être plafonnée sur demande à Enedis : si elle dépasse 30 % du TURPE mensuel, ou l'équivalent de 25 fois le coût de la puissance supplémentaire qui aurait évité le dépassement.

Augmenter sa puissance souscrite : est-ce rentable ?

Pas toujours. Il est souvent plus rentable de régler des pénalités ponctuelles que d'augmenter sa puissance souscrite et son abonnement toute l'année. Le bon arbitrage dépend de la fréquence et de la durée des dépassements.

En moyenne tension, le seuil de bascule est clair : au-delà de 100 heures de dépassement en continu, augmenter la puissance souscrite devient plus avantageux. Pour trancher, une étude de la courbe de charge sur les deux dernières années, idéalement avec un courtier en énergie, identifie la puissance offrant les meilleures conditions tarifaires.

Pour un profil Tarif Bleu, l'outil gratuit MySelectra permet de suivre sa consommation et d'analyser sa courbe de charge en ligne, quel que soit le fournisseur.

Comment éviter et reconnaître un dépassement ?

Éviter les dépassements

  • analyser la courbe de charge pour repérer les périodes de forte demande ;
  • décaler le fonctionnement des équipements énergivores ;
  • améliorer l'efficacité énergétique (équipements sobres, isolation) ;
  • installer des délesteurs automatiques qui coupent certains usages au seuil.

Reconnaître un dépassement

  • sur un Linky : coupure immédiate et mention « PUISS DEPASSEE » à l'écran ;
  • sur un PME-PMI : durée mesurée par poste (DUREE DEPASS HPH, P, etc.) ;
  • via les alertes e-mail / SMS paramétrables dans l'espace client, idéalement avant d'atteindre le seuil.

Si les disjonctions ou pénalités sont récurrentes, il faut faire augmenter sa puissance en contactant Enedis ou son fournisseur.

Dépassement de puissance ou dépassement quadratique ?

Ces deux notions sont souvent confondues mais mesurent des excès différents :

Dépassement de puissance

La puissance appelée excède la puissance souscrite. Conséquence : disjonction (Linky) ou pénalité CMDPS (profils supérieurs).

Dépassement quadratique

Notion de qualité de l'énergie : la consommation dépasse un seuil de façon non linéaire (distorsion harmonique, interaction entre puissance active et réactive), source d'inefficacités.

Questions fréquentes sur le dépassement de puissance

En Tarif Jaune (basse tension), 12,41 € par heure de dépassement, facturés via la CMDPS du TURPE. En moyenne tension, le coût suit une formule complexe où la pointe est la plus chère. Un profil C5 (Linky) ne paie rien : son compteur disjoncte.

Débranchez vos appareils les plus énergivores, puis réarmez le compteur en maintenant la touche « + » 5 à 10 secondes. Si cela se répète, faites augmenter votre puissance souscrite auprès d'Enedis ou de votre fournisseur.

Cela dépend de la fréquence des dépassements. En moyenne tension, au-delà de 100 heures de dépassement en continu, augmenter la puissance souscrite devient plus rentable que les pénalités. Une analyse de courbe de charge permet de trancher.

Oui, en BT > 36 kVA, sur demande à Enedis : si la CMDPS dépasse 30 % du TURPE mensuel, ou équivaut à 25 fois le coût de la puissance supplémentaire qui aurait évité le dépassement.