Comment connaître la puissance souscrite de son compteur ?

Deux moyens simples permettent de la retrouver, exprimée en kilovoltampères (kVA) :

  • sur l'écran du compteur : faire défiler avec la touche « + » jusqu'à « P SOUSCRITE » sur un compteur Linky ;
  • sur la facture d'électricité : la puissance souscrite y figure et détermine le prix de l'abonnement (la part fixe de la facture).

Sur un compteur PME-PMI, la puissance souscrite s'affiche pour chacun des postes horosaisonniers (P SOUSCRITE HPH, HPE, HCH, HCE). Voici le calendrier de ces postes :

Heures pleines
Heures creuses
Hiver
HPH
le plus cher
HCH
intermédiaire
Été
HPE
intermédiaire
HCE
le moins cher
Coût le plus élevé Coût intermédiaire Coût le plus faible
Les 4 postes horosaisonniers de base ; décaler ses usages vers les périodes les moins chères génère des économies.

Bien dimensionner sa puissance pour réduire sa facture

La puissance souscrite influe directement sur le prix de l'abonnement : plus elle est élevée, plus l'abonnement coûte cher. Mais une puissance insuffisante a aussi un coût, qui diffère selon le compteur :

Profil C5 (Linky)

Le compteur disjoncte dès que la puissance appelée dépasse la souscrite. Des coupures fréquentes perturbent l'activité : il faut alors augmenter la puissance.

Profils C4 à C1 (Tarif Jaune / Vert)

Les compteurs PME-PMI et SAPHIR tolèrent mais facturent les dépassements via la CMDPS du TURPE : 12,41 €/heure en Tarif Jaune.

Comment choisir la puissance adaptée à son entreprise ?

Le bon dimensionnement repose sur une analyse de la courbe de charge sur au moins un an. Souvent, il est plus rentable de payer ponctuellement des frais de dépassement que d'augmenter la puissance souscrite et son abonnement toute l'année. Un courtier en énergie analyse notamment :

  • la fréquence à laquelle la puissance souscrite est atteinte ou dépassée ;
  • la puissance atteinte lors des pics de consommation ;
  • la puissance appelée la majorité du temps, pour caler l'abonnement au plus juste.

Les puissances souscrites possibles selon le profil

La plage de puissance dépend du profil de consommation et du niveau de raccordement, qui déterminent aussi le compteur installé :

Petits sites Gros consommateurs
C5
≤ 36 kVA
Basse tension
C4
42 – 240 kVA
Basse tension
C3
250 – 10 000 kVA
Haute tension
C2
10 000 – 40 000 kVA
Haute tension
C1
> 40 000 kVA
Raccordement direct
Plus la puissance souscrite augmente, plus le profil et le niveau de tension évoluent (du C5 en basse tension au C1 en haute tension).
3 à 36 kVA · C5

Profil Tarif Bleu

Puissances de 3, 6, 9, 12, 15, 18, 24, 30 ou 36 kVA, en compteur Linky. Choix selon la puissance cumulée des appareils utilisés simultanément.

42 à 240 kVA · C4

Profil Tarif Jaune

Paliers de 42 à 240 kVA (42, 48, 54, … 240), en compteur PME-PMI raccordé en basse tension.

250 kVA et + · C3-C1

Profil Tarif Vert

De 250 kVA à plus de 40 000 kVA pour les industries les plus énergivores, en compteur SAPHIR (moyenne tension).

Puissance souscrite, apparente, active et réactive

La puissance souscrite est la puissance maximale que l'entreprise s'engage à ne pas dépasser, fixée par son contrat (en kVA). À ne pas confondre avec la puissance apparente, une grandeur mesurée (également en kVA) qui correspond à la somme de la puissance active et de la puissance réactive :

Puissance active (kW)

L'énergie qui produit un travail utile : lumière, chaleur, mouvement. C'est elle qui éclaire une ampoule ou fait tourner un moteur.

Puissance réactive (kVAr)

Sans travail utile mais indispensable aux champs électromagnétiques des moteurs et transformateurs. Une part excessive est pénalisée.

Le facteur de puissance (rapport entre puissance active et apparente) mesure l'efficacité d'utilisation de l'électricité. Au-delà de 40 % d'énergie réactive (facteur de puissance inférieur à 0,93), l'entreprise est pénalisée au titre de la Composante de Soutirage d'Énergie Réactive du TURPE.

Modifier sa puissance souscrite : démarches et tarifs

Il suffit d'en faire la demande auprès de son fournisseur, qui contacte Enedis pour planifier l'intervention, facturée et reportée sur la facture d'électricité. Pour un raccordement BT ≤ 36 kVA, voici les tarifs du catalogue Enedis :

Tarifs de modification de la puissance souscrite en basse tension ≤ 36 kVA (catalogue Enedis)
Type de modification Standard (10 j) Express (5 j)
Programmation du compteur Linky à distance 4,28 €
Réglage du disjoncteur ou du compteur 43,57 € 87,33 €
Changement du disjoncteur 64,87 € 108,63 €
Changement du disjoncteur et du compteur 78,46 € 122,22 €
Passage du monophasé au triphasé 183,19 € 226,95 €

Prix TTC, programmation Linky à distance sous 1 jour ouvré. Source : catalogue de prestations Enedis.

Pour un raccordement HTA-BT > 36 kVA, la modification de puissance souscrite est planifiée entre le jour de la demande et J+30, et facturée selon le catalogue Enedis en vigueur.

Quelles conséquences en cas de dépassement de puissance ?

Un dépassement de puissance survient quand la puissance appelée excède la souscrite. La conséquence dépend du compteur :

  • Compteur Linky : il disjoncte immédiatement et affiche « PUISS DEPASSEE ». Il faut débrancher les appareils énergivores puis réarmer le compteur (touche « + » 5 à 10 secondes) ;
  • Compteurs PME-PMI et SAPHIR : ils tolèrent le dépassement (pas de coupure) mais en mesurent la durée par poste (DUREE DEPASS HPH, HCH, P, HPE, HCE) et le facturent.

En basse tension, un dépassement coûte 12,41 € par heure. En moyenne tension (HTA), la facturation suit une formule plus complexe dépendant de la plage horaire : un dépassement en heures de Pointe coûte environ trois fois plus cher qu'en heures creuses d'été.

Le dénivelé de puissance pour les gros consommateurs

Au-delà de 36 kVA, un professionnel peut souscrire plusieurs puissances selon la plage horaire : c'est le dénivelé de puissance. Une puissance plus élevée en période de faible demande (été) et une puissance réduite en pointe (hiver) permet de :

  • réduire le coût de l'abonnement en évitant de payer en continu une puissance maximale ;
  • limiter la consommation aux heures de forte demande, au bénéfice de l'équilibre du réseau.
Deux conditions pour un dénivelé de puissance

Les puissances doivent être décroissantes dans l'ordre des postes (la plus élevée en Pointe, puis HPH, etc.), et il est impossible d'avoir autant de puissances souscrites que de postes horosaisonniers. Le coût de l'abonnement est alors calculé via la formule de la puissance réduite : Pr = k1·P1 + k2·(P2−P1) + k3·(P3−P2) + k4·(P4−P3) + k5·(P5−P4).

Puissance de raccordement et puissance souscrite : quelle différence ?

Ces deux notions sont liées mais distinctes. La puissance de raccordement est toujours supérieure ou égale à la puissance souscrite.

Puissance de raccordement

Capacité maximale que l'installation peut recevoir du réseau, fixée par les équipements du gestionnaire (transformateurs, câbles). Pour un site ≤ 36 kVA : 12 kVA en monophasé, 36 kVA en triphasé.

Puissance souscrite

Capacité maximale que le professionnel peut consommer en continu sans dépasser le seuil contractuel. C'est elle qui fixe le prix de l'abonnement.

Questions fréquentes sur la puissance souscrite

Sur l'écran du compteur, en faisant défiler jusqu'à « P SOUSCRITE » (en kVA), ou sur votre facture d'électricité, où elle détermine le prix de l'abonnement.

Avec un Linky (profil C5), le compteur disjoncte. Avec un compteur PME-PMI ou SAPHIR (profils C4 à C1), le dépassement est toléré mais facturé : 12,41 € par heure en basse tension (Tarif Jaune).

En basse tension ≤ 36 kVA : de 4,28 € (programmation Linky à distance) à 226,95 € TTC (passage mono/triphasé en express), selon le catalogue Enedis.

De 3 à 36 kVA pour un profil Tarif Bleu (C5), de 42 à 240 kVA pour un Tarif Jaune (C4), et de 250 kVA à plus de 40 000 kVA pour un Tarif Vert (C3 à C1).

C'est la possibilité, au-delà de 36 kVA, de souscrire plusieurs puissances selon les postes horosaisonniers (plus élevée en été, réduite en pointe hivernale), afin d'alléger l'abonnement. Les puissances doivent être décroissantes dans l'ordre des postes.